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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 15:36

H O R I Z O N

Association culturelle et artistique

PALMARES DU GRAND PRIX DE POESIE 2015

DE LA VILLE D’AIX EN PROVENCE

Grand Prix de Poésie de la Ville d’Aix en Provence

Monsieur Sébastien MAYOT, de Saint Etienne dans la Loire,

pour « la Croix des voyageurs», «La Citadelle des fragments, « « le Sourire des abysses » en Poésie Néo-Classique.

Poésie Classique

Prix Roi René

Monsieur Yves MUR, de Argeliers dans l’Aude , pour « J’aime le tendre de l’automne »

Prix Mirabeau

Monsieur André PELISSERO , La Destrousse, dans les Bouches-du-Rhône, pour « Je vous aime, ô sonnets »

Prix Sextius

Mademoiselle Maeva RAJAONAH, de Saint Etienne dans la Loire, pour «Depuis qu’elle est partie »

Poésie régulière contemporaine et néoclassique

Prix Rotonde

Monsieur Yves-Fred BOISSET, de Courbevoie dans les Hauts de seine, pour « Tout chagrin est espoir »

Prix Quatre Dauphins

Madame Claudine GUICHENEY, DE Langon en Gironde, pour «Depuis belle lurette »

Prix Fontaine d’Argent

Monsieur Dominique SIMONET, de La Flèche dans la Sarthe, pour « Le bonheur d’écrire »

Poésie Libérée

Prix Sainte Victoire

Madame Véronique FLABAT-PIOT, de Erquelinnes, en Belgique, , pour « Huis clos »

Prix de Luynes

Madame Paulette PANZAC, de Aix en Provence dans les Bouches-du-Rhône, pour Blessure »

Prix Vauvenargues

Monsieur Dominique SIMONET, de La Flèche dans la Sarthe, pour « Laissez la porte ouverte ! »

Prix « Petit Prince » Jeunes Poètes de moins de 13 ans

Le Prix des Jeunes Poètes de moins de13 ans n’a pas été attribué, le jury ayant estimé que les textes présentés dans cette catégorie, même s'ils ne manquaient pas d'intérêt, n'avaient pas le niveau requis pour être primés.

Grand Prix de Poésie de la Ville d’Aix en Provence

Monsieur Sébastien MAYOT, de Saint Etienne dans la Loire,

pour « la Croix des voyageurs», «La Citadelle des fragments, « « le Sourire des abysses » en Poésie Néo-Classique.

La Croix des voyageurs

Scintille, Bethléem ! étincelle, Ephrata !

Ville entre toutes sainte où l’ange s’arrêta !

Quand les rois d’Arabie entrèrent dans la ville

Montés sur leurs chameaux qui avançaient en file,

On n’entendit pas plus résonner comme bruit

Que l’écho des sabots sur le fond de la nuit.

Dans cet instant pieux, il flottait quelque chose

Qui rappelait le jour et qui sentait la rose,

Comme à l’aube divine où s’ouvrent dans les prés

La vie après l’hiver et les bouquets sacrés.

Tel un lierre tremblant sur un mur en décombre

Les barbes des anciens faisaient remuer l’ombre,

Et l’on ne savait pas si des rois ou des fleurs

Diffusaient ces parfums et ces pures lueurs.

Le jour et l’orient frémissaient dans leurs paumes,

Et l’on pouvait penser qu’ils étaient trois fantômes

Qui portaient leur esprit dans le creux de leurs mains ;

Trois fantômes sacrés, plutôt que des humains.

Soudain, l’un d’eux s’arrête, et les autres derrière ;

Or, observant le ciel constellé de poussière,

Les rois rangent leurs mains dessous leur habit noir

Pour rendre la nuit sombre et mieux apercevoir.

Alors, fouillant des yeux la voûte illimitée,

Se laissant entrainer sur la sente lactée,

Ces sages d’Orient, ces voyageurs, ces rois,

Aperçurent un ange emportant une croix.

Et l’on vit sous le ciel s’en aller, sans rien dire,

Les rois mages portant l’encens, l’or et la myrrhe.

La Citadelle des fragments

C‘est un bout de château sur un morceau de roche

Qui semble s’effondrer quand un oiseau l’approche.

UN coup d’aile innocent prés des mâchicoulis

Fait vaciller les murs dans de grands éboulis,

Et les toits effondrés dessous le crépuscule

Se mélangent au sol. Tout sombre, tout recule.

Tout ce qu’hier encore était entier et beau

Apparait incomplet. Tout n’est qu’un grand lambeau.

Cette guette est d’aplomb ? Cette autre tour est morte.

Quand un couloir est clos, l’autre n’a pas de porte ;

Il suffit qu’une chose aie l’air d’être debout

Pour que l’autre moitié rende boiteux le tout.

C’est une citadelle où s’attarde une peste :

Le temps.

Il flâne, il traine, il part, il vient, il reste.

Le moindre de ses pas résonne, c’est un choc ;

Il aime que son pied racle fort sur le roc ;

Il aime s’enrouler sur les piliers de marbre

Et chasser un pavé pour faire éclore un arbre,

Briser les lits d’amour où s’aimaient les amants,

Edenter les créneaux, semer leurs noirs fragments,

Faire germer le lierre au milieu d’une armure

Pour mêler au passé l’oubli de la nature,

Et laisser expirer sous son pas chancelant

Un monde sombre et pâle où tout est noir et blanc.

Le voyez-vous passer, ce Temps épouvantable

Qui entre sans frapper et vient à votre table ?

C’est lui qui, monstrueux, passe une main distraite

Des blasons sans couleur aux chevaliers sans tête.

Le sourire des abysses

Celui qui sur le quai se promène devant

L’océan, où grandit une vague incertaine,

Dira les yeux aux ciel : « Tout cela, c’est le vent. »

Mais aura-t-il raison ? A peine.

Ceux qui voguent au large et portent sur leurs reins

Toutes les mers, tous les enfers, tous les abîmes,

Ces hommes d’équipage et qu’on nomme marins

Voient les fonds plutôt que les cimes.

Le regard englouti dans ces flots remuants,

Fixant l’ombre dans l’ombre et l’ombre dans la vague,

Ils savent que, là-haut, tous ces grands craquements

Sont ceux d’un monstre qui zigzague

Plus bas, le vent n’est pas la cause : il est l’effet.

C’est un souffle qui monte, une haleine qui flotte ;

C’est un silence énorme, un grand soupir que fait

Quelque chose. Une unique note

Qui transforme en vaincus les matelots vainqueurs.

Par-dessus l’océan qui forme les ténèbres,

Et par-dessus les nuits, et les poissons moqueurs,

On voit rouler quelques vertèbres.

Et si l’on demandait aux marins : « C’est le vent ? »

A l’heure où l’univers devient une tempête,

Ils répondraient, trembleurs et d’une voix d’enfant :

« C’est le sourire d’une bête… »

Poésie Classique

Prix Roi René

Monsieur Yves MUR, de Argeliers dans l’Aude ,

J’aime le tendre de l’automne

Mes nuits respirent une muse,

Les absinthes de son boudoir,

Où de mon cœur elle s’amuse,

Sur le velours d’un accoudoir,

A la pâle lueur du soir,

Quand Octobre se fâche et tonne,

Des parfums de cet encensoir,

J’aime le tendre de l’automne …

Lorsque mon âme se refuse,

A perdre en elle tout espoir,

Je m’enivre à l’ambre diffuse,

Envoûtante du vieux manoir,

Complice de son promenoir,

Où son cœur nu se déboutonne,

Dans le désir de son œil noir,

J’aime le tendre de l’automne …

Ma soif d’aimer, dont elle abuse,

Otage de son bon vouloir,

Vole, la nuit comme une intruse,

Dans le clair-obscur d’un bougeoir,

Au corps empli de nonchaloir,

L’image d’un sein qui festonne,

Par le soyeux de son peignoir,

J’aime le tendre de l’automne …

Envoi

Prince, allons boire à l’assommoir,

Où s’étourdit mon cœur atone,.

Dans les vapeurs de son fumoir,

J’aime le tendre de l’automne …

Prix Mirabeau

Monsieur André PELISSERO , La Destrousse, dans les Bouches-du-Rhône,

Je vous aime, ô sonnets

Je vous aime, ô sonnets plus légers que la plume !

Ravis au flot soudain, tumultueux, des vers,

En rimailleur, hagard, dans l’étrange univers

Qui m’oblige, sans cesse, à l’effort sur l’enclume.

A l’heure où l’horizon, timide, se rallume,

Son calame soumis aux délices pervers,

L’aède, besogneux, les sens tout à l’envers,

Extirpe de ses mots, musique, élan, volume.

Vous êtes, tour à tour, source d’enchantement,

Chef d’œuvre pictural ou plainte de l’amant

Qui livre, au désespoir, son cruel vague à l’âme.

Le ringard s’évertue aux feux de messidor,

Lorsque, dans vos envois, l’immensité s’enflamme

Où le ciel du désert n’est que poudroiement d’or !

Prix Sextius

Mademoiselle Maeva RAJAONAH, de Saint Etienne dans la Loire,

Depuis qu’elle est partie

Depuis qu’elle est partie approcher les étoiles,

Qu’elle a pris ce navire aux éternelles voiles,

Mon cœur se berce seul, en silence, en dévot,

De la pleurer en bas, de la savoir en haut,

De la savoir flotter dans l’éther et la nue,

Jeter l’ancre au sommet d’une dune inconnue,

S’élancer dans le sable et, d’un rire muet,

Cueillir au coin du ciel une fleur de bleuet.

Depuis qu’elle est partie effleurer les nuages,

Caresser l’horizon par-delà les rivages,

La voilà devenue invisible à mon œil,

Muette à mon oreille et, prise par le deuil,

J’ai vieilli de cent ans, j’ai vieilli d’une ride,

Un sillon déposé par les lèvres du vide,

Un sillon dessiné par les doigts de la mort

Et qui marque l’enfant affligé par le sort.

Depuis qu’elle est partie, essoufflée, insoumise,

Comme l’oiseau sauvage effrayé par la brise,

Je regarde le monde au-delà de ses mers,

Au-delà de l’endroit, je regarde l’envers, ;

Et dans la nuit profonde où mon âme est éteinte

Je peux sentir son souffle et sentir son étreinte !

Depuis qu’elle est partie, il est là mon espoir :

De n’avoir eu d’adieu mais un simple au revoir !

Poésie régulière contemporaine et néoclassique

Prix Rotonde

Monsieur Yves-Fred BOISSET, de Courbevoie dans les Hauts de seine,

Tout chagrin est espoir

Le poète est celui qui filtre dans son cœur

La souffrance des uns et le bonheur des autres ;

Ses vers font un écho malheureux ou moqueur

Aux espoirs, aux chagrins, qui sont aussi les vôtres.

Le poète est l’ami des vaincus, des souffrants,

Et de ceux que la vie a mis en bout de table ;

Ses chansons valent bien le don de quelques francs,

C’est sa manière à lui d’être un peu charitable.

Le poète est l’amant des femmes sans amour,

De celles que la vie envoie en quarantaine ;

Ses quatrains valent mieux que l’ennuyeuse cour

D’un dragueur fanfaron qui court la prétantaine.

Le poète est le frère et même le jumeau

De ceux qui dans la vie ont connu le martyre ;

Ses sonnets se voudraient d’olivier le rameau

Pour chanter l’amitié aux accords de sa lyre.

Le poète est celui qui draine vers le ciel

Les chagrins, les espoirs qui parfois se confondent ;

Son passage ici-bas déverse un peu de miel

Sur cette froide Olympe où les dieux se morfondent.

Prix Quatre Dauphins

Madame Claudine GUICHENEY, DE Langon en Gironde,

Depuis belle lurette

J’ai perdu mes vingt ans depuis belle lurette…

Mais il faut espérer vivre encore longtemps

Pour composer des vers, danser au bal musette,

Profiter du présent sans compter ses printemps.

Je n’ai plus taille fine et teint de porcelaine

En ces ans révolus sur le calendrier

De face ou de profil c’est la même rengaine

Lorsque mon vil miroir s’amuse à parodier.

Je suis ce troubadour sur les chemins de l’âge

Cueillant petits bonheurs tout au long des saisons.

Les effluves de vie enchantent le voyage

Sur l’écorce terrestre aux divers horizons.

En sursis d’existence au seuil du crépuscule

Les moires de la nuit font frémir l’être humain !

L’on ne ralentit pas le temps qui s’accumule

Car les astres du ciel déterminent demain.

Prix Fontaine d’Argent

Monsieur Dominique SIMONET, de La Flèche dans la Sarthe,

Le bonheur d’écrire

De tendres souvenirs emmènent à la rime

Et composent la phrase où se tiennent les mots,

Un bijoux travaillé, les pierres qui se liment,

Un bijou idéal en un collier d’émaux.

A l’ombre d’un chagrin, lorsque tombe la pluie,

Se pose une blessure au chemin du regret

Qui veut s’offrir sa larme à la mélancolie

Où se cachent le temps et de tristes secrets.

Mais les jours de soleil apportent la lumière

Pour donner des rayons, à la plume un élan,

Les tendres coloris de la rose trémière

Et l’éclat de l’amour sans nul équivalent.

On aime à la folie comme une délivrance,

Et chante dans la joie, ce reflet du bonheur,

Oubliant le mauvais et ses vaines souffrances

Pour conserver le bon qui fait battre le cœur.

Dans la sérénité que donne la sagesse

Une âme se sent bien, tout semble détendu,

Le ciel lance des vers en divines caresses,

Et l’âge peut rêver sur un vol suspendu.

L’écriture a ce don de rendre savoureuse

La vie à tous moments, même dans les récifs,

Le présent , le futur aux vagues coléreuses,

Et de guider toujours le plus fragile esquif.

Poésie Libérée

Prix Sainte Victoire

Madame Véronique FLABAT-PIOT, de Erquelinnes, en Belgique

Huis clos

L’une après l’autre,

Les maisons de mon enfance

Se sont fermées…

Petit à petit…

Insensiblement…

Les silhouettes n’agitent plus la main

Dans l’encoignure des portes défraîchies.

Les voix ne me hèlent plus.

Les rires sont éteints.

La coccinelle, peinte sur les tentures lisses,

S’est envolée,

Emportant avec elle

L’insouciance de la prime jeunesse.

La vieille en charentaises, au chignon bien sage,

a légué sa place

à l’étrangère, qui ne me connait pas …

Comment pourrait-elle deviner

Que je sais bien mieux qu’elle

l’emplacement de l’interrupteur

ou l’endroit où se nichent les confitures ? ? ?

Mais le temps des bouches barbouillées

et des doigts collants

s’est évanoui…

Seules les pierres se souviennent,

Gardiennes des échos endormis

et du cliquetis des serrures, verrouillant le passé.

Petit à petit …

Insensiblement …

Prix de Luynes

Madame Paulette PANZAC, de Aix en Provence dans les Bouches-du-Rhône,

Blessure

On me dit que le temps efface les blessures,

On me dit que l’oubli passe sur toute peine,

Oui, on oublie les noms, les visages s’estompent

Mais comme sur le corps, il y a sur le cœur

D’indélébiles coups, de laides cicatrices.

Et nous nous souvenons, oh, nous nous souvenons !

Et ça fait toujours mal

Quand la flamme vacille et la raison chancelle

La plaie mal refermée, la male déchirure

S’ouvre pour inhiber tous les petits bonheurs,

Et le malheur revient un instant mais si fort,

Qu’on pourrait en mourir

Demain sera meilleur, demain tu seras doux,

Oh mon chagrin, ma déchirure

Prix Vauvenargues

Monsieur Dominique SIMONET, de La Flèche dans la Sarthe,

Laissez la porte ouverte !

Si je devais partir,

Laissez la porte ouverte !

Je reviendrai, c’est sûr,

Parfois dans la grisaille,

Souvent dans le soleil,

Partager votre vie.

Si je devais partir,

Laissez la porte ouverte

Pour venir écouter

La musique que j’aime

Du battement des cœurs

Qui rythme votre vie.

Si je devais partir,

Laissez la porte ouverte,

Car j’aurais oublié

De vous dire au revoir

Dans un dernier baiser

Pour guider votre vie.

Si je devais partir,

Laissez la porte ouverte !

J’apporterai des fleurs

Et des bouquets de mots

Pour parfumer d’amour

Votre maison de vie.

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Published by AixHorizon
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commentaires

trojoli 18/04/2016 19:43

c'est trop joli cette poésie et tant pis pour les grincheux

https://www.youtube.com/watch?v=adOjkd41YSM