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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 17:04

                                                          H O R I Z O N

                                     Association culturelle et artistique

 

 

                                    TEXTES DES LAUREATS

DU GRAND PRIX DE POESIE 2012

              DE LA VILLE D’AIX EN PROVENCE 

 

 

Poésie Classique

                                               Prix Roi René

Madame Marie-José BERTAUX , de  Mons dans la Haute-Garonne, pour « Paroles de Gisante ».

 

Paroles de Gisante 

 

« Vous qui lorgnez de haut nos corps roides et froids,

Nos mains dévotement jointes sur une croix,

Nos fronts muets étreints dans l’étau des couronnes

Et nos bliauts sculptés en longs plis monotones,

Sous les carcans de pierre, entendrez-vous les cœurs

Battre l’ardent rappel des fièvres, des fureurs ?

Savez-vous que je fus duchesse et deux fois reine ?

Que j’osai soulever ma rancoeur souveraine

Contre l’époux qui dort à présent prés de moi,

Pour voir périr aussi mon fils, tout juste roi,

Puis ma bru, vaine veuve aux entrailles stériles ?

Voyez-nous reposer côte à côte, tranquilles,

En paix dans le tombeau comme jamais vivants,

Quand notre orgueil jetait ses cris aux quatre vents !

Ne sommes-nous vraiment qu’un dur poids de carrare

Etendu sous la voûte où le songe s’égare ?

Ou notre âme parfois vient-elle obscurément

Verser à notre ennui son doux chuchotement,

Sous l’éternel regard qui de partout peut-être,

Du vitrail, de l’ogive ou des tréfonds de l’Être,

Voit comme une fragile et frivole entité

Ceux qui sont en ce monde et ceux qui l’ont quitté,

Nous, spectres cuirassés de roc incorruptible,

Et vous, passants d’un jour que le temps prend pour cibles ?

Votre pas qui s’éteint , qu’emporte-t-il ici ?

Un souvenir bientôt recouvert d’un souci,

Confuse image au bord d’une vague pensée,

Etincelle dans l’ombre à l’instant effacée…

Vous oublierez, nous dormirons encore un peu,

Sans émois, sans soupirs, sans tendresse et sans feux,

Puis nous disparaîtrons quand on verra la pierre,

Marbre même et granit, se résoudre en poussière. »

 

 

 

                                               Prix Mirabeau

Monsieur Jean-Louis LACROIX, de Montmorot dans le Jura, pour « Le matin nous ressemble».  

 

LE MATIN NOUS RESSEMBLE

Une épeire a tissé son piège de dentelle,

Parfums et cris d’oiseaux se mêlent dans le vent,

Dans le jour incertain, l’herbe sèche au levant,

Pour se désaltérer de perles se constelle.

 

C’est un matin ailé, tout en apesanteur,

Qui donne le frisson à l’âme douce-amère,

Enivré de Printemps, butinant l’éphémère,

On se sent tout à coup proche du Créateur,

 

Mais il existe aussi des aubes de galère :

Quand nos fronts sont fermés et nos visages lourds,

Les oiseaux fatigués de chanter pour les sourds,

Se taisent, effrayés, craignant notre colère,

 

Nous aimons tous les cieux quand nous sommes sereins,

Aurore grise ou bleue, à notre image en somme,

Mais le plus beau matin saurait-il combler l’homme,

Lorsque son âme est sombre et son cœur en chagrins ?

 

                                              Prix Sextius 

 Madame Véronique FLABAT-PIOT, de Erquelinnes, en Belgique,  pour  «J’écris».

 

J’écris …

 

J’écris pour tous les gens, qu’ils soient pauvres ou riches…

J’écris pour le monarque ou l’homme sans abri …

Je chante la beauté d’un champ rebelle, en friches

Ou celle des hauts monts, refuge du cabri !

 

Tour à tour, je puis être une femme amoureuse

Ou la mère attentive, embrassant son enfant ! …

Je connais le soupir d’une aube douloureuse

Ou le parfait cristal d’un rire clair et franc ! …

 

J’accueille avec bonheur le bébé qui s’éveille

Alors que tous vos deuils m’accablent de chagrin !

Ce qui vous fait vibrer me touche, m’émerveille …

Le son qui chante en vous me fredonne un refrain !

 

Je me fonds au soleil, me glisse en la tempête …

J’ai le froid de la neige ou du frais aquilon …

Je suis le vent du soir, qui murmure et répète

Les secrets de la vie, au travers du vallon …

Je vois avec vos yeux le soleil qui se couche

Tirant la couverture azur de nos espoirs !

J’attends à vos côtés que la nuit blême accouche

De l’aurore flambante, éveillant les nichoirs !

 

Je veux, dans mes écrits, dire que mon cœur aime,

Pour parler à votre âme, en l’émouvant toujours !

Que glisse la tendresse aux creux de mon poème

Pour se faire l’écho de vos propres amours !

 

 

 

Poésie régulière contemporaine et néoclassique  

                                               Prix Rotonde

Madame Véronique FLABAT-PIOT, de Erquelinnes, en Belgique,  pour  «J’aimerais que mes vers».

J’aimerais que mes vers

J’aimerais que mes vers soient lus au coin du feu,

Dans la douce clarté de la bûche fumante,

Qu’un quidam enflammé les murmure à l’amante,

Pianissimo du cœur, où perce un tendre aveu …

 

Je voudrais que l’enfant les récite à sa mère

Pour lui dire les mots qu’il ne possède pas ;

Ainsi, doux truchements, ils guideraient ses pas

Sur le chemin léger de l’enfance éphémère …

 

J’aimerais que, choisis pour livre de chevet,

Mes vers hantent vos nuits et les rendent plus belles !

Vous les répéteriez, en douces ritournelles,

Lovés dans la chaleur de votre chaud duvet …

 

J’aimerais que l’esprit le plus simple  apprécie

Le message d’espoir habitant mes chansons,

Tandis que l’érudit, oubliant ses leçons,

Trouverait en leur lied une neuve éclaircie …

 

Je voudrais être là quand vous aurez trop froid

Pour offrir, à votre âme, un feu qui toujours brûle,

Tendresse partagée, ayant sous sa férule,

Le courage invincible, éliminant l’effroi !

 

Que la force et l’amour habitent chaque rime

De mes recueils, semés au vent de vos frissons …

Qu’ils soient harmonie, odeurs, couleurs et sons

Auxquels l’Esprit s’accroche et le bonheur s’arrime !

 

 

                                               Prix Quatre Dauphins

Monsieur Dominique SIMONET, de Bocé, dans le Maine-et-Loire, pour « Symphonie de la mer ».

 

Symphonie de la mer 

 

Chaque jour que Dieu fait, quand la mer se retire,

En laissant sur le sable un souvenir mouvant,

Et dépose l’écume en des cordes de lyre,

Mon esprit va danser sur les harpes du vent,

 

Telle une main d’aveugle, elle aborde la plage

Et découvre un clavier où tâtonnent ses doigts,

Pour caresser la terre ou laisser un message

Au berceau de l’espoir dans le son d’un hautbois.

 

Le soir, l’écho marin d’un accord de guitare,

Vers le regard troublant de la sublime nuit,

S’ajoute à la clarté du chant pur des cithares,

Et va guider mon âme à l’étoile qui luit.

 

Parfois, claque la vague en un bruit de cymbales,

Aussitôt, on entend la rumeur des tambours…

Et j’écoute mon cœur, dont le rythme s’emballe

Dans le sombre horizon cachant un nouveau jour.

 

Puis le petit matin vient éclairer la grève

Des notes de douceur, sanglots des violons.

L’océan voit le ciel quand le soleil se lève

Et vient unir sa voix au céleste orphéon.

 

Tous les ballets d’oiseaux, en superbe harmonie,

Accompagnent l’orchestre et mon rêve écrivain,

Pour composer ensemble amour et symphonie,

Que murmurent les flots en leurs élans divins.

 

 

 

                                               PrixFontaine d’Argent

Monsieur Guy VIEILFAULT, de Croissy-Beaubourg, dans la Seine-et-Marne, pour  «Au Blue-Note »

 

Au Blue-Note 

 

C’est une ombre accoudée au zinc, et solitaire,

Dans le tohu-bohu de ce capharnaüm,

Qui prolonge la nuit dans les encens du rhum

Et cherche l’en-allée au fin fond de son verre.

 

Il a le regard clair des marins hauturiers,

Brûlé par les soleils, l’éclat d’une banquise,

Mais son regard s’éteint quand l’aube se précise

Et le temps se consume au cœur d’un cendrier.

 

Les amers sont pour lui, en formes d’échancrures,

Les corsages béant sur d’obscures nymphées

Des ménades vantant leurs amours tarifés

De leurs lèvres carmin de femelles lémures ;

 

Les désirs suscités des mâles à l’affût

Accrochent des lueurs aux yeux des Aphrodite

Et leurs rires trop forts de femmes interdites

Surfent sur l’océan des murmures confus.

 

Le destin, pressent-il, a tagué ses ukases

Sur les murs enfumés d’avenirs incertains

Et, vaincu, tête basse, il écoute au matin

Les plaintes s’endeuillant des trompettes qui jazzent .

 

 

 

Poésie Libérée

                                               Prix Sainte Victoire

Monsieur Daniel AUGENDRE, de Saint Raphaël dans le Var, pour « Le Rouquin ».

Le Rouquin 

Comète fulgurante

A la queue flamboyante,

Striant, d’un éclair,

Le cosmos vert du bosquet…

Balle gambadante,

Sautillante, de bonds en bonds

Sur le ressort du tremplin du gazon ;

Ascensions en spirale

Du tronc lisse de l’arbre ;

Plongeons dans la frondaison,

Chutes acrobatiques, ludiques

Du rongeur équilibriste,

Artiste funambule qui déambule

Sur le fil des ramées, le profil des canopées…

 

Le braconnier de la futaie,

Le glaneur de glands,

Grappilleur de l’amandier,

Eventreur des  pignes grignotées,

Le prince du larcin des grains,

Le collecteur des graines

Et des faines,

L’avare à la cachette

Des noix et des noisettes,

L’épargnant, le prévoyant,

Le gestionnaire avisé des mannes de l’été,

Gnome économe des fruits de l’automne,

 

Le ROUQUIN,

L’écureuil de mon jardin !

 

 

                                               Prix de Luynes

Monsieur Daniel BIRNBAUM, de la Bouilladisse dans les Bouches-du-Rhône, pour « Sans toi ».

Sans toi 

Sans toi

Je ne suis qu’une ombre

Parmi les autres ombres

Qui font la nuit.

Sans toi

Je ne suis qu’un pas

Suivant les autres pas

Qui font l’ennui .

Sans toi

Je ne suis qu’un rien

Parmi les autres riens

Qui font la lie.

Sans toi

Je ne suis qu’une plainte

Parmi les autres plaintes

Qui font le cri.

Sans toi

Je ne suis qu’une fin

Suivant les autres fins

Qui font l’oubli.

 

                                               Prix Vauvenargues

Madame Monique CHRISTOFILIS, de Marseille dans les Bouches-du-Rhône, pour « Le rêve d’un arbre »

 

Le rêve d’un arbre 

 

Je rêve d’être un arbre mais un arbre qui marche

Qui baguenaude et flâne, découvre son canton.

Je me vois papotant parmi d’autres essences

Saluant mes voisins mêlant feuilles et branchages.

 

Ce chêne au bout du champ, que me bruisserait-il ?

Mille secret volés aux nids de son feuillage

Mille tendres propos d’amoureux sous son ombre

Mille rondes d’enfants ponctuées de leurs rires .

 

Irai-je à ce pommier qui paraît m’appeler ?

Tous deux, nous frémirions au bruit  de la fontaine

Noue remémorerions l’invasion des fourmis

Ou le pacte conclu avec les hannetons

Non-agression bien sûr, nous sommes pacifistes !

 

Un jour de grande forme, j’irais jusqu’à la mer

Je tremperai mes pieds, oh pardon mes racines !

Un poulpe malicieux viendrait me chatouiller

Et ma sève étonnée goûterait l’eau salée

Me demandant alors : « Quand rentrons-nous, dis-moi ? »

Nous rentrerions, je sais, je suis trop casanier.

J’aime mon petit clos, mon carré d’herbes douces

Mais en rentrant chez moi avec mon baluchon

Je fermerai les yeux, je rêverais encore

Et les revoyant tous, je grandirais un peu.

 

 

Prix « HORIZON » Jeunes Poètes de 16 à 18 ans  

Mademoiselle Anouck FERRI, de Saint-Pierre de Rivière dans l’Ariège, pour « Le train ».

 

Le train.

 

J’aime la solitude du temps lorsque passe au travers un train

A la lumière de l’instant où voyageur devient poète

Joyau attendu de nuit noire, abandon aux regards éteints

Et va ! Tant que démarre la longue fête.

 

J’aime ce serpent perçant l’espace qui swingue un bruit de tonnerre

Avec le vent qui accompagne le début d’un ailleurs, encore

Cabine d’un lendemain sans fin qui donne tout sans rien promettre

Et va ! Dans le lointain perce l’aurore.

 

J’aime l’odeur du fond des coins lorsqu’il commence à se faire tard

Les essence montent à la tête des endormis des imprudents

Amours clandestines et discrètes effluves rares de bout de gare

Et va ! Passe le train, danse le temps.

 

J’aime partir en me disant que je n’reviendrai que peut-être

Spectateur d’un lendemain qui promet l’entrée du tunnel

Plaines rapides et suggérées du cinéma par la fenêtre

Et va ! Sans toucher terre, sans toucher ciel.

 

A la lueur d’une lampe de poche j’aime le paradoxe de la vie

Les étoiles de la ville que j’aperçois à tout hasard

 Le nez collé contre la vitre je vois la lune qui me dit

Et va ! tu n’es chez toi nulle part .

 

 

 

Prix « Henri-Bernard ABRAN » Jeunes Poètes de 13 à 15 ans  

Mademoiselle Séverine MARIN, de Villevieille dans le Gard, pour « La Nuit ».

 

                            La nuit

 

          Dans la semi-obscurité j’attends

                   Et je retranscris ici

                      Ce que je vois

                   Ce que j’entends

                   Ce que je pense .

 

        Mes yeux scrutent le ciel infini, sombre

   Parfumé de nuages gris qui décorent la Lune

Mais le reste n’est que le vide de la nuit éclatante.

 

                  Les chouettes chantent et

                Leur merveilleuse musique

            Me rend nostalgique d’autrefois

                   De ces temps d’avant.

 

  Mon esprit divague vers le flot des souvenirs

            Qui m’assaillent en présence de

                               La Lune

                            Les Nuages

                         Les Chouettes.

 

            Mémoire éternelle de la terre,

          Les mots qui arrivent eux aussi

     Reviennent en flaschs dans mon esprit

                Et s’incrustent à jamais

                  Au creux de la nuit.

 

 

 

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Published by AixHorizon
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